Britney Spears, poupée de cirque
Sur l’écran, le bloggeur people Perez Hilton en reine Elisabeth annonçant l’arrivée de la «princesse de la pop». Chapeau haut-de-forme, arc et flèches en main, la chanteuse et son «cirque» font escale à Paris. «Je suis comme la cracheuse de feu, j’aime que ce soit chaud», gémit-elle dès son entrée sur le morceau-titre de l’album Circus.Sosie. Après cinq ans hors des planches, elle repart sur scène avec une nouvelle tournée mondiale pour son sixième album studio, Circus, moins pointu que Blackout. Le show affiche quasi-complet depuis ses débuts, en mars. Il y a les fans indéfectibles, mais aussi les retombées d’une promotion planétaire, et la promesse d’un spectacle hors normes : sur scène, cinquante danseurs, magiciens, clowns et acrobates ; dans les coulisses, 200 techniciens pour transporter les 60 tonnes d’équipement, et une trentaine de camions. Budget total : 50 millions de dollars vite renfloués.
Elle n’avait pas fait de scènes depuis sa tournée en 2004. En 2009, Britney Spears fait le tour du monde. Plus besoin d’être une ado en perte de repères bibliques pour se dandiner sur ces morceaux concoctés pour soirées pyjamas. Après deux albums sucrés aux accents niais (Baby One More Time, 1999 et Oops… ! I Did it Again, 2000), il a fallu le clip I’m a Slave For You, où la chanteuse mime un coït dans une orgie de sueurs, pour qu’on réalise que Britney Spears ce n’était pas que pour les petites filles et qu’elle savait aussi s’entourer des bons producteurs.
La maturité, à 20 ans, s’illustre en un roman-photo de sa descente aux enfers - deux mariages/divorces, séjours en centres de désintoxication, un crâne rasé, des kilos qui font les montagnes russes - imprimé sur des centaines de pages people. De cette période sombre, il reste deux albums : In the Zone en 2004, porté par l’inénarrable Toxic, et Blackout en 2007, aux accents electro et au son saturé de quelques pépites comme Piece of me, Gimme More, Toy Soldier ou Get Naked (I got a Plan).
